Mercredi 1 février 2012 3 01 /02 /Fév /2012 11:15

klimt25.jpgJe les envoie à mes lecteurs qui continuent à venir sur ce blog malgré sa forme changeante et sa typographie erratique alors que l’on sait depuis Oscar Wilde « De l’importance d’être Constant ».

Je le fais d’autant plus volontiers que les scientifiques ont montré les bienfaits des baisers sur la santé. La science embrasse tout et le baiser comme sujet de recherche me semble assez séduisant.

Le poutou  favoriserait la production de sérotonine, médiateur qui règle l’humeur et celle d’ocytocine, petite diablesse hormonale qui se mêle du lien affectif, sexuel et amoureux.

Selon un allergologue de l’université d’Osaka, un couple qui aurait le bécot multiple serait moins sujet aux allergies cutanées aux pollens (ce qui permet d’offrir des fleurs à l’autre sans hésitation). Le système immunitaire serait ainsi renforcé, peut-être que les échanges généreux entre milieux microbiens y sont pour quelque chose.

Des  chercheurs américains ont constaté que les bisous à la chaîne ont, en outre, un effet favorable sur le taux de cholestérol, de cortisol et sur la numération globulaire.

Sans compter les bienfaits de l’activité physique que nécessite un baiser langoureux. J’ai ainsi appris qu’il ferait appel à 34 muscles faciaux (on n’apprend pas ça à la faculté) et que la fréquence cardiaque s’éleverait à 110 par minute. Embrasser devient réellement un sport en chambre.

A l’occasion de ce tendre billet, je ne résiste pas au plaisir de l’illustrer par le merveilleux tableau de Gustav Klimt : « Le baiser », grand tableau de près de deux mètre exposé sous vitre à la galerie du Belvédère à Vienne.

Par Obraska - Publié dans : Bâtons rompus - Communauté : Ricanons
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Mardi 31 janvier 2012 2 31 /01 /Jan /2012 18:05

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Dessin de Pétillon paru dans le Canard Enchaîné du 25 janvier 2012

« Acheter français » est un des slogans de Bayrou (suivi par d’autres) comme une des solutions aux problèmes rencontrés par la France pour limiter les importations et sauvegarder nos entreprises. C’est beau. Bien sûr, il y a là un petit air de boycott à l’envers mâtiné de nationalisme qui pourrait fort bien donner des idées aux autres pays vis-à-vis des exportations françaises (il est vrai que les consommateurs étrangers n’ont pas l’opportunité d’acheter des armes ou des centrales atomiques, mais cela peut se faire pour les vins et les produits de luxe). Vous me direz, pourquoi pas ? L’ennui est que  c’est surtout un slogan.

D’abord, beaucoup de produits ne sont plus du tout fabriqués en France. Ensuite le consommateur est-il prêt à payer un produit plus cher parce qu’il est français ? Enfin, existe-t-il des produits  intégralement fabriqués en France mis à part les vins et des produits agricoles. Les produits « made in France » sont fabriqués ailleurs pour une partie ou même pour la totalité, peut-être que l’étiquette et la marque sont-elles du terroir mais il est difficile de s’en contenter pour manger, s’habiller, ou faire fonctionner une machine absente. Inversement des produits de marque étrangère sont fabriqués en France, en concurrence avec des produits de marque française fabriqués à l’étranger.

« Acheter français » risque d’être très compliqué pour le Français moyen. Mais un slogan n’est pas fait pour être efficace, il est fait pour recueillir des voix.

Par Obraska - Publié dans : Casse-pipes - Communauté : Ricanons
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Dimanche 29 janvier 2012 7 29 /01 /Jan /2012 09:20

Tribunal.jpgLe projet de décret sur le contrôle de l’insuffisance professionnelle, c'est-à-dire de la compétence, pour les libéraux de santé (médecins, chirurgiens, dentistes, sages-femmes, pharmaciens, infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, et pédicures-podologues) est toujours prévu. Approuvé par le conseil d’Etat en juin 2010, il était attendu pour la fin de l’année, il n’est pas encore sorti (élections obligent ?).

Jusqu’à présent ces libéraux étaient éventuellement sanctionnés pour leur incapacité à exercer ou pour leurs fautes par les conseils de l’Ordre et/ou la Justice. Aux notions de moralité, d’indépendance ou de faute professionnelle vient s’ajouter la notion de compétence qui pourrait être jugée par un tribunal d’exception de trois experts qui procèderont à l’examen des connaissances à la fois théoriques et pratiques du soignant et avant de pouvoir de nouveau exercer, le professionnel devra apporter la preuve qu’il a complété sa formation. Or je sais, par expérience personnelle, que les médecins ont le souci permanent de mettre à jour leurs connaissances.

On voit qu’après avoir accusé les libéraux de frauder, de détourner l’argent public, de prescrire des médicaments dangereux pourtant autorisés par les organismes officiels, ils sont à présent soupçonnés d’incompétence, et devront éventuellement passés devant un tribunal d’exception qui pourra être saisi par les Ordres ou le directeur général de l’ARS et dont les connaissances en matière médicale sont des plus discutables.

Voilà une excellente façon d’encourager les professionnels de santé à exercer en libéral, mode d’exercice qui ne signifie plus grand-chose et de plus en plus déserté comme le sont des territoires entiers.

Néanmoins ces tribunaux d’exception de la compétence ouvrent des horizons.

On reproche aux Français de bouder les langues étrangères, les pressions administratives exercées sur leurs médecins, cette propension à les infantiliser, vont leur permettre de pratiquer avec des confrères étrangers les langues de l’Europe de l’Est ou l’arabe, ce qui n’est pas sans intérêt[1].

Ces tribunaux devraient logiquement s’étendre aux autres domaines professionnels, en commençant par les administrations, et d’abord à celles qui exercent un contrôle sur les produits de santé et qui n’ont guère été sanctionnées récemment pour leurs incompétences. Un tribunal qui permettrait d’interdire d’exercer des fonctions plutôt que de donner une promotion à un fonctionnaire dont les décisions se seraient avérées préjudiciables pour le public.

Et, bien sûr, à tous les politiques exerçant une responsabilité, en cessant de leur donner un autre poste s’ils sont été défaillants dans le précédent ou en ne leur offrant plus un pantouflage doré lorsque leur incompétence est trop manifeste.

On voit que ces tribunaux d’exception jugeant de la compétence d’autrui ont un grand avenir devant eux, mais il serait souhaitable de les coiffer d’un tribunal d’exception pour permettre de juger de leur propre compétence, structure soviétique que l’on pourrait étendre à l’infini à la manière des poupées russes.  



[1] « Au 1er juin 2011, 41% des médecins nouvellement inscrits à l’Ordre avaient obtenu leur diplôme hors de France. C’est une moyenne. Ainsi, dans certaines zones, ce chiffre est largement plus élevé. C’est le cas par exemple de l’Aube, en Champagne-Ardenne, où trois quarts des nouveaux inscrits viennent de l’étranger et seulement 19% ont obtenu leur diplôme à la faculté de Reims. En Picardie, ces jeunes médecins qui constituent 44% des nouveaux effectifs proviennent pour un tiers du Maghreb et pour un autre tiers de la Roumanie. Dans l’Aisne notamment, ils sont un sur deux à arriver de Roumanie »

 

Par Obraska - Publié dans : Chroniques médicales - Communauté : Ricanons
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Vendredi 27 janvier 2012 5 27 /01 /Jan /2012 18:09

Il est possible que Sarkozy nous quitte bientôt. Pour ma part, pour ne pas être irrité, je ne l’ai jamais vraiment écouté, d’autant plus que je ne m’arrête jamais devant les bonimenteurs qui tentent de vendre un produit miraculeux dans la rue quel que peut être leur bagout.

 

Chirac était plutôt sympathique, un peu escroc, il a bien profité des ors de la République. Petite condamnation in extremis qui fait tache sur sa carrière d’artiste inutile.

 

Je n’ai jamais aimé Mitterrand. Il s’était fait limé des dents trop longues qui montraient à l’évidence qu’il n’aimait que le pouvoir. Il était à gauche, car il voulait remplacer les hommes de droite qui tenaient la place qu’il convoitait. Je me souviens d’avoir été heurté par le geste de mépris pour écarter un quidam enthousiaste qui s’était approché trop près de lui à la sortie du Panthéon lors de sa victoire.

 

Giscard d’Estaing, le pompeux voulant faire peuple, a fait de bonnes choses. Il avait du talent. Il est peut-être dommage qu’il ait été mis sur la touche un peu trop tôt.

 

Pompidou. J’ai eu l’occasion de m’entretenir brièvement avec lui, ayant eu celle de soigner son père. Homme cultivé, il paraissait sans prétention. Je reproche à son règne d’expansion économique d’avoir permis aux promoteurs de construire à Paris des bâtiments d’une grande laideur.

 

De Gaulle. Il est difficile à mon humble niveau de donner un avis sur un monument historique qui payait ses timbres de sa poche, ce que ses successeurs ne se sont pas élevés à faire. Il avait accompli le tour de force inouï de faire figurer la France parmi les vainqueurs de la deuxième guerre mondiale, alors qu’elle l’avait lamentablement perdue, et qu’elle s’était officiellement alliée avec l’ennemi. Cependant, je me souviens dans ma jeunesse d’avoir crains de sa part l’instauration d’une dictature lorsqu’il est arrivé au pouvoir en créant la Vème république après avoir été à l’origine de la IVème. Il a, en fait, permis d’éviter le putsch militaire qui nous pendait au nez. Il a donné, dans la douleur pour beaucoup, l’indépendance à l’Algérie, imaginez que la France ait suivi les Le Pen et consorts en ne l’accordant pas ? Nous aurions 40 millions de musulmans en plus dans nos départements. Il est parti après une révolution d’opérette accomplie par des gens trop heureux et après l’échec d’un referendum sur la régionalisation qui fut nécessairement instaurée par la suite. Ingratitude des Français volages.

J’espère que Sarkozy, s’il nous quitte, n’aura pas l’outrecuidance d’avoir le même sentiment.

Par Obraska - Publié dans : Bâtons rompus - Communauté : Ricanons
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Jeudi 26 janvier 2012 4 26 /01 /Jan /2012 18:23

La France ne va pas très bien et le reste de l’Europe ne va guère mieux. Le rêve américain a, pour beaucoup, des allures de cauchemar et le sud du continent fournit aux américains de quoi rêver. La Russie est atteinte d’un poutinerie qui l’étouffe un peu. Le Japon n’arrive pas à se débarrasser de ses atomes crochus. La Chine a contracté un capitalisme aigu. L’Afrique développe surtout son émigration. Et les conflits religieux à nos portes, plutôt ouvertes, ne nous rajeunissent pas.

Alors que diriez-vous d’une « bonne » guerre ? Non, pas de guerres locales, elles n’ont jamais cessé. Une guerre mondiale, classique, sans l’arsenal nucléaire, car avec, ce ne serait pas de jeu.

Picasso-guernica.jpg

Les guerres érodent la masse humaine moins vite mais plus largement que les catastrophes naturelles. Et elles ont d’autres vertus. Dans la tourmente on se regarde moins le nombril, il y a moins de dépressions, il y a moins d’obèses – surtout dans les camps de concentration – Un vent de liberté souffle sur les mœurs : les soldats vont aux putes sans remords et les femmes se laissent convaincre pour une dernière étreinte.

Toutes les compétences sont utilisées : les voyous deviennent des héros, les meurtriers sont décorés pour leurs meurtres, les sadiques sont promus pour leurs tortures, les voleurs pillent joyeusement, les violeurs violent en paix, même les bons pères de famille, et leurs chefs indulgents détournent le regard quand ils n’y prêtent pas la main.

Et que dire des progrès réalisés pendant les guerres : des bactéries inconnues colonisent les laboratoires, les chimistes remplissent leurs cornues de molécules nouvelles, les ingénieurs construisent des machines qui tuent mieux et plus loin, les savants font péter des pétards et retrouvent ainsi leurs joies d’enfant. Certains pourraient même vendre des avions dont personne ne veut.

Quand une masse humaine est plus entamée que la masse ennemie, vient la paix où on continue encore un peu d’élaguer par vengeance ou pour ne pas perdre la main, en suivant le doigt anonyme des délateurs.

Les périodes qui suivent les guerres sont des périodes fastes, on les appelle « Glorieuses », même pour les vaincus. Certes on pleure un peu, mais on rit beaucoup d’être resté vivant, on recommence à ne penser qu’à soi, et on reconstruit vaillamment. L’économie ne connait pas de crises, il n’y a pas de chômeurs, on manque même de bras, ceux laissés sur les champs de bataille. En fait, pendant la guerre il ne se passe pas grand chose dans les champs, tout se passe dans les villes, là où il y a le plus de civils, bien plus faciles à tuer que des soldats armés.

Mais il faut savoir que les périodes fastes n’ont qu’un temps. Les choses reviennent comme avant, et les crises remplacent les guerres.

Par Obraska - Publié dans : Bâtons rompus - Communauté : Ricanons
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