
Il y avait sur les hauteurs de l’Olympe une divinité que les humains respectaient au point d’y
sacrifier tout ce qu’ils possédaient et même parfois leur vie. Rien ne se faisait sans son aval, tout était fait pour la respecter. Les mécréants qui
osaient douter de sa bienfaisance et pensaient que tous les sacrifices que l’on déposait à ses pieds ne provoquaient en retour que peu de bienfaits, étaient foudroyés sur le champ par les
dévots.
Ce Dieu tout puissant s’appelait Marché. Il avait deux filles : Concurrence, la fanfaronne, dont on attendait monts et merveilles et Finance l’évaporée qui passait son temps dans des îles paradisiaques. Marché avait également un fils, Monopole, dont il était fier car il avait bien réussi dans le monde. On disait que Concurrence et Monopole ne s’entendaient pas, en réalité le frère et la sœur s’écrivaient en secret et Marché, paternel, fermait les yeux.
Marché n’était pas contre les écarts, lui-même descendait parfois sur terre en parachute doré pour se farcir quelques humains, hommes et femmes sans distinction, car il était licencieux, mais il leur faisait croire que c’était pour leur bien, pour les protéger du redoutable Protectionnisme qui ne chercherait qu’à les enfermer.
Marché avait ses prêtres qui lui étaient tout acquis, quoi qu’il fasse, il n’était pas ingrat envers eux et les récompensait de leur fidélité en leur laissant prendre une part des offrandes que les crédules déposaient à ses pieds dans les temples des banques.
Mais les hommes depuis longtemps ne croient plus aux divinités de l’Olympe. Ce sont des fables que l’on raconte pour faire peur aux enfants.
Wassily Kandinsky "Fugue"
BIENVENUE DANS MES ERRANCES
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Albert Einstein