Infériorité/supériorité. Il est évident qu’établir une hiérarchie entre les cultures implique que l’on utilise des critères de jugement. Or chaque culture peut privilégier ses propres critères et chaque critère peut être jugé individuellement de façon différente. Il n’y a donc pas de critères absolus mais relatifs. Par ailleurs, dire qu’une culture est supérieure ou inférieure à une autre n’implique pas que les individus qui en font partie sont supérieurs ou inférieurs. La comparaison entre les cultures n’est pas la comparaison des êtres humains entre eux. Parler ici de racisme est un amalgame. Les talents des individus ne sont pas en cause, mais pour s’épanouir il est nécessaire que le milieu dans lequel ils vivent le permette. Pour prendre un exemple simple : le Judaïsme et l’islam considèrent l’image figurée comme impure, ce qui n’a guère favorisé l’éclosion d’artistes portraitistes. L’environnement, qu’il soit géographique, traditionnel ou religieux, peut être favorable ou défavorable à l’épanouissement individuel mais il n’y a pas, a priori, d’être humain inférieur ou supérieur à un autre.
Le bonheur serait un excellent critère pour juger de la valeur d’une culture. Mais c’est un critère trop relatif, trop individuel et insaisissable. A cet égard des sociétés peu évoluées, mais sages, en prise avec la nature, peuvent se révéler supérieures aux autres.
Les principes moraux. Ce qui est un comportement moral dans une société peut ne pas l’être dans une autre. Pourtant, quelle que soit la société, la tendance historique est de privilégier l’humanisme, c'est-à-dire toutes les positions et les actes qui prennent pour fin la personne humaine et son épanouissement. Vaste programme qui a connu presque autant de reculs que d’avancées, mais que l’on espère voir appliquer si l’on n’est pas un barbare.
L’innovation. Toutes les cultures à un moment donné de leur histoire ont innové et inventé. Certaines ont innové pour leur survie, mais une fois leur survie assurée, elles n’ont pas été plus loin et sont restées immobiles, attachées à leurs traditions immuables. Certaines, après avoir été fertiles au bénéfice des autres cultures, n’ont plus rien inventé. D’autres n’ont pas cessé de découvrir et d’innover faisant progresser l’ensemble de l’humanité. La question essentielle qui se pose aux sociétés restées innovantes est : jusqu’où ? Le progrès technologique et scientifique ne risque-t-il pas de conduire à leur fin ?
La richesse d’une culture est peut-être le critère le moins sujet à caution. Elle comporte, outre le nombre de ses découvertes, l’importance et la densité de ses créations intellectuelles et artistiques. Patrimoine qui profite à l’ensemble de l’humanité, sauf aux sociétés rétrogrades qui le rejettent et préfèrent l’obscurantisme de leurs traditions.