Dessin de Pétillon paru dans le Canard Enchaîné du 25 janvier 2012
« Acheter français » est un des slogans de Bayrou (suivi par d’autres) comme une des solutions aux problèmes rencontrés par la France pour limiter les importations et sauvegarder nos entreprises. C’est beau. Bien sûr, il y a là un petit air de boycott à l’envers mâtiné de nationalisme qui pourrait fort bien donner des idées aux autres pays vis-à-vis des exportations françaises (il est vrai que les consommateurs étrangers n’ont pas l’opportunité d’acheter des armes ou des centrales atomiques, mais cela peut se faire pour les vins et les produits de luxe). Vous me direz, pourquoi pas ? L’ennui est que c’est surtout un slogan.
D’abord, beaucoup de produits ne sont plus du tout fabriqués en France. Ensuite le consommateur est-il prêt à payer un produit plus cher parce qu’il est français ? Enfin, existe-t-il des produits intégralement fabriqués en France mis à part les vins et des produits agricoles. Les produits « made in France » sont fabriqués ailleurs pour une partie ou même pour la totalité, peut-être que l’étiquette et la marque sont-elles du terroir mais il est difficile de s’en contenter pour manger, s’habiller, ou faire fonctionner une machine absente. Inversement des produits de marque étrangère sont fabriqués en France, en concurrence avec des produits de marque française fabriqués à l’étranger.
« Acheter français » risque d’être très compliqué pour le Français moyen. Mais un slogan n’est pas fait pour être efficace, il est fait pour recueillir des voix.
J'ai été voir. Je ne parle pas du transfert de technologie. L'incitation à acheter français n'est pas praticable dans la réalité ou dans des domaines très étroits.
C'est aussi, peut-être surtout, une façon de culpabiliser le citoyen en exonérant les politiques de toute responsabilité dans les délocalisations.
Il serait en effet souhaitable de favoriser les entreprises françaises, encore faudrait-il le pouvoir. La culpabilisation est une idée intéressante.
Bises et bonne soirée
ZAZA
Espérons que nous sommes trop pessimistes.
Bonne soirée Paul
Nettoue
Je ne me vois pas porter des sabots.
Ou pas.
Serait-ce une façon optimiste de voir les choses ?
Invité chez une amie recevant deux grands voyageurs à bicyclette japonais, j'ai quand même trouvé un petit objet fabriqué en France à leur offrir : un couteau OPINEL - pourvu que l'acier ne soit pas japonais, et que le hêtre du manche provienne bien de nos forêts ? Le Nord et la Bretagne produisent encore un peu de lin dont les fibres sont achetées par des chinois qui nous les renvoient en rouleaux de tissus ou en vêtements prêts à porter... en cherchant bien on doit pouvoir trouver une filature-musée qui produit pour la haute couture française... Que dessinons-nous de la vie de nos enfants, petits enfants ?
Le monde a toujours été dominé par l'appât du gain. La mondialisation et la facilité des communications ont donné d'autres possibilités à cet appât.
Vous ne pouvez pas vous promener qu'en chaussettes, ça ferait jaser.
Il me semble que ce "acheter français" n'est au'un slogan. Les Français achèterons français lorsque la France aura une production à la hauteur et c'est tout le problème.