
4,2 millions de caméras de surveillance – une pour quatorze personnes – sont opérationnelles en Grande-Bretagne. Ce réseau CCTV est installé dans les magasins, les
entreprises ou au centre des villes afin de démasquer d’éventuels délinquants.
4,2 millions de caméras ! Mais on n’en regarde qu’une sur mille d’après Tony Morgan. Celui-ci a donc eu l’idée d’utiliser les internautes pour assurer une surveillance plus serrée, 24 heures sur 24, en créant le service Internet Eyes et d’en faire…Un jeu, dès ce mois de novembre à Stratford-upon-Avon avec le projet de l’étendre à tout le pays et au-delà.
Des milliers d’yeux sur des milliers d’écrans (en principe deux par écran) connectés au réseau CCTV. Les “joueurs” accumuleront des points en regardant les flux vidéo en temps réel des caméras et pourront cliquer sur un bouton quand ils observeront un comportement suspect et gagneront un point chaque fois qu’ils signaleront un risque de délit et trois points s’ils en sont témoins. En revanche, ils perdront des points si la personne responsable de la caméra estime qu’ils ont lancé une fausse alerte. Les joueurs qui contribueront à l’arrestation du plus grand nombre de malfaiteurs gagneront jusqu’à 1 000 livres par mois [1 100 euros]. Le site d’Internet Eyes comportera également une galerie où figureront les photos des supposés “criminels”, ainsi que la liste de leurs délits et le nom de l’internaute qui aura permis leur capture (ce qui, à mon avis n’est pas sans danger).
Le service sera facturé 20 livres [22 euros] par semaine et par caméra à ses utilisateurs : commerçants, autorités locales ou même commissariats de police.
Ce « jeu » amène quelques observations :
1° Les délinquants dûment avertis s’arrangeront pour être méconnaissables, ce qui risque de rendre moins efficace cette toile d’araignées à l’affût.
2° Le délit de faciès sera probablement à l’origine des clics les plus nombreux.
3° Le vilain penchant des voyeurs sera flatté, quasi officialisé.
4° Ce sera une excellente école pour l’espionnage et la délation, activités qui servent toujours lorsque les choses vont mal.
5° Pour paraphraser Esope, ce genre d’application montre à nouveau que l’internet est la meilleure et la pire des choses. Et pour paraphraser Hugo, que l’œil nous suit jusque dans la tombe.
Wassily Kandinsky "Fugue"
BIENVENUE DANS MES ERRANCES
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"La seule chose absolue dans un monde comme le nôtre, c'est l'humour"
Albert Einstein